Lyralire

Lyralire

Mes poèmes


La vie rêvée d'un homme

 

 

Aux quatre coins des vents, j’ai tant roulé ma bosse

Sans allonger un pas, sans bateau, sans carrosse

Jetant dans les maquis  les axes planifiés

Que des cœurs maladroits m’avaient cartographiés

 

J’ai couru tant de cieux, gravi tant de nuages

Aveuglément franchi les porches de mes âges

Aimé sans contredits les chants de Cupidon

Qui toujours m'amenaient le cœur à l’abandon

 

J’ai tant rêvé ma vie qu’elle en fût toute belle

Et chacun de mes jours porte sa ritournelle

L’Univers, de tout temps, silencieux et discret

Aux portes de l'éther me livrait ses secrets

 

Mais le soir est venu où les astres s’éteignent

Où la plainte s’enfuit des lèvres qui l’étreignent

J’ai tant rêvé ma vie, juste en fermant les yeux

Que je solde mon âme au néant ou à Dieu

 

Et qu’importe l’endroit, en France où en Ecosse

Pendant qu’on scellera mon esprit dans la fosse

Faisant perte de tout, renonçant à mon corps

Sachez, qu’en mon tombeau, je rêverai ma mort



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12/05/2018
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Il pleut !...

 

 

Il pleut !...

 

Sous la voûte de mai, un blanc matin s’égoutte

La nature nous parle, mot à mot, goutte à goutte

Et l’herbe des gazons et les buissons fleuris

Mêlent leur agrément au printemps qui sourit

 

Quelques merles en frac, en quête d’ordinaire

L’œil aigu, le pas vif, presque disciplinaire

Impétueusement, et comme à succomber

Cherche un vers qu’un poète aurait laissé tomber

 

La glycine adossée aux ruines séculaires

D’un mur aux fondements plus que crépusculaires

Enlace tendrement, les bras chargés de fleurs,

Un éphèbe  de pierre à l’aspect enjôleur

 

Le square délaissé aux moineaux de la ville

Ruisselle sous la pluie sa nature tranquille

Ses silences fleuris, ses parfums accomplis

Qu’il donne à pleines mains aux âmes qu’il remplit

 

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10/05/2018
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Les Petits Vieux

 

 

 

Ce sont deux petits vieux qui vont à petits pas

Sur leur chemin qui va du commerce au repas

Ils sont si près des cieux qu’elle agrippe sa manche

De peur qu’il disparaisse au coin de ce dimanche

 

Les bancs sont les stations de leur chemin de croix

Marcher quand on est vieux, est brisant de surcroît

Le ciel semble si vaste à l’âme qui se traîne

Que l’admirer un peu valait bien cette peine

 

Leur horizon s’éteint au bout de leurs souliers

Et leurs jours ne sont plus que rites journaliers

Ils ont pleuré leur chien, il n’ont pas de famille

Ils n’ont pour tout soutient qu’une vieille béquille

 

La main l’étreint si fort, qu’il se tourne à demi

Et dans ce corps flétri, dans ce corps qui gémit

Demeure en filigrane une grâce éternelle

Qu’il relève toujours au fond de sa prunelle

 

Et dans son coeur usé, soudain la flamme luit

Tant d’années à s’aimer avant la grande nuit

Alors, il prend sa main, y pose le soleil

Se penche doucement, et glisse à son oreille :

 

“ - Tu es belle aujourd’hui ! “



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08/04/2016
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L'Eveil

 

 

 

On peut le voir assis, le poing sous le menton

Et de son autre main, à l’aide d’un bâton

Pousser allègrement les attritions de l’homme

Vers des gouffres ignés qui forgent son royaume

 

La terre doucement s’effondre en son tombeau

Encore un peu de temps pour n’être qu’un flambeau

Car il sait la patience et l’enfer sait attendre

Et ce sera le feu, et ce sera la cendre

 

Au dessus son antre il augure des cris

Des larmes, des sanglots, tout ce qu’il a prescrit

Et son regard flamboie à cette joie infâme

De voir pleurer l’enfant sur le corps d’une femme

 

“Le monde est imparfait, mais il n’est pas pourri

Ici, voyez vous-même , on danse, on chante, on rit !”

Nous dit l’homme d’état usant sa bonne mine

Mais à deux pas d’ici, hélas, on s’extermine

 

Et la terre, elle aussi convoite notre fin

Car elle a trop souffert des viols de l’aigrefin

Quand tremble tout son corps, quand gronde sa prière

On chancelle devant sa larme meurtrière

 

D’avoir trop espéré, d’avoir trop attendu

D’avoir danser aux vents comme un pauvre pendu

Trop longtemps à genoux, le peuple se relève

Prenez garde, nantis, à ce bras qu’il soulève

 

Car ce peuple est légion, et vous êtes bien seuls

Vos dollars ne seront que futiles linceuls

Écoutez !... Écoutez !...Ce n’est pas le tonnerre

C’est sa vindicte nue et révolutionnaire



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06/04/2016
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Souvenance

 

 

 

Sous un ciel immobile où  les oiseaux se posent

Quand les blés dans les champs mollement se reposent

Quand tout semble éthéré, que tout est silencieux

Quand l’ouvrage accompli s’élance vers les cieux

Un souvenir surgit des maux qui le composent

 

C’est un chemin boiteux, une ride incertaine

Une plainte qui longe une époque lointaine

C’est un tourment du temps qui soudain s’épaissit

Qui s’en vient, qui s’en va, comme l’orbe  indécis

D’une étrange langueur qui sourd d’une fontaine

 

Imperceptiblement et presque sans visage

Il s’affirme et se tient au coeur du paysage

Je devine un regard; je suppose une voix

C’est un passé lointain, soudain, que j’entrevois

Par le temps anobli, vertueux et sans âge

 

Il émane de lui la paix d’un autre monde

Où  la beauté se fond dans l’essor de l’aronde

Où le rire se tend jusqu’à toucher le ciel

Et l’effleure sans bruit dans un baiser véniel

Sous le regard froncé des passants à la ronde

 

Des coeurs illuminés ; un jupon blanc qui danse

Et le soleil joyeux qui coule en abondance

Mais aux couleurs d’antan se mêlent des amours

Aux sombres dénouements que je porte toujours

Dans un repli du coeur que j’ouvre en confidence

 

Aux vents du soir venu, le songe m’abandonne

S’altérant doucement tel un glas qui bourdonne

Et dans ma solitude insipide et sans fin

Il ne concède rien, ni ruban, ni parfum

Comme un amour déçu, qui reprend ce qu’il donne




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03/04/2016
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